Verser un salaire à une personne travaillant chez vous ne se limite pas au montant net qui atterrit sur son compte. À ce salaire s'ajoutent des charges sociales, obligatoires dès le premier franc, que l'employeur retient pour partie et complète pour partie. Comprendre leur structure, c'est éviter deux écueils fréquents : sous-estimer le coût réel d'un emploi et, plus grave, omettre une affiliation qui refera surface lors d'un contrôle. Voici comment se décompose la couverture sociale, avec les sources officielles pour chaque volet.
Le premier bloc : AVS, AI et APG
L'assurance-vieillesse et survivants (AVS), l'assurance-invalidité (AI) et les allocations pour perte de gain (APG) forment le socle. La cotisation est partagée à parts égales entre employeur et employé : vous retenez la part salariale sur le salaire brut et versez le total — votre part comprise — à votre caisse de compensation. Les taux exacts sont fixés au niveau fédéral et exposés dans le mémento officiel 2.01 Cotisations salariales à l'AVS, à l'AI et aux APG. Pour l'emploi domestique en particulier, le mémento 2.06 Travail domestique précise les règles applicables. Plutôt que de mémoriser un pourcentage qui bouge, retenez le principe — parité employeur/employé — et lisez le taux en vigueur sur ces pages.
L'assurance-chômage et les allocations familiales
À l'AVS/AI/APG s'ajoutent la cotisation à l'assurance-chômage (AC), elle aussi partagée, et la contribution aux allocations familiales, à la charge de l'employeur. Ces éléments transitent par la même caisse de compensation, ce qui simplifie le versement mais n'en réduit pas la portée : chacun est dû dès lors qu'un salaire est versé régulièrement.
L'assurance-accidents (LAA) : une obligation intégrale
Tout employé doit être assuré contre les accidents professionnels. Dès que la durée de travail hebdomadaire atteint le seuil légal, l'assurance couvre aussi les accidents non professionnels, dont la prime est alors en principe à la charge de l'employé. En dessous de ce seuil, seuls les accidents professionnels sont couverts et l'employé doit veiller lui-même à sa couverture accidents pour le reste. Le cadre est posé par la loi sur l'assurance-accidents (LAA). Ne traitez jamais la LAA comme optionnelle : c'est l'assurance qui, en cas d'accident, protège autant votre employé que votre responsabilité d'employeur.
La prévoyance professionnelle (LPP) : une question de seuil
Contrairement aux assurances précédentes, la LPP — le deuxième pilier — ne s'applique qu'au-delà d'un seuil annuel de salaire, révisé périodiquement. Un emploi à domicile très partiel peut se situer en dessous de ce seuil et ne pas déclencher l'affiliation ; un emploi plus substantiel la rend obligatoire. La subtilité est réelle : le seuil s'apprécie par rapport au salaire soumis, et un employé peut cumuler plusieurs emplois. Plutôt que d'avancer un montant qui sera périmé à la prochaine indexation, vérifiez le seuil d'entrée courant et les modalités d'affiliation à la lumière de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP). Lorsque l'affiliation est due, elle passe par une institution de prévoyance, et la cotisation est partagée entre employeur et employé.
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Le coût réel d'un emploi
Pour l'employeur, la règle simple à garder en tête est que le coût total dépasse toujours le salaire brut : à celui-ci s'ajoutent les parts patronales de l'AVS/AI/APG et de l'AC, la contribution aux allocations familiales, la prime LAA et, le cas échéant, la part patronale LPP, sans oublier les frais administratifs de la caisse. Raisonner en coût employeur complet, dès l'embauche, évite les ajustements douloureux en cours de contrat et donne à votre employé une visibilité honnête sur sa couverture.
Le décompte annuel et les corrections
Les cotisations se règlent en cours d'année sur la base d'acomptes, puis font l'objet d'un décompte définitif. Un salaire qui augmente, un taux d'activité qui change, un employé qui part en cours d'année : chacun de ces événements modifie l'assiette et appelle un ajustement. Tenir un décompte clair, mois par mois, transforme cette régularisation en simple formalité ; l'ignorer expose à des rappels cumulés que l'on découvre, au pire moment, sous la forme d'une facture rétroactive. C'est la différence entre piloter et subir.
Les erreurs les plus coûteuses
Trois erreurs reviennent régulièrement. La première est de considérer un emploi « de quelques heures » comme hors du champ des assurances : le premier franc suffit à déclencher l'AVS. La deuxième est de confondre le seuil LPP avec une dispense générale : le deuxième pilier a son propre seuil, mais l'AVS, l'AC et la LAA restent dues en dessous. La troisième est de négliger la couverture accidents non professionnels d'un employé sous le seuil horaire : l'employé se croit couvert alors qu'il ne l'est que pour les accidents professionnels. Chacune de ces erreurs se corrige, mais toujours à un coût supérieur à celui d'un cadrage propre à l'embauche.
Une mécanique à confier
Prises isolément, ces cotisations sont lisibles ; prises ensemble, avec leurs seuils, leurs parités et leurs échéances, elles réclament une discipline que peu de particuliers ont le temps d'exercer. Nous tenons cette mécanique pour vous — affiliations correctes, décomptes à jour, arbitrages de seuil documentés — avec la même rigueur qu'un family office appliquée à votre foyer. Discutons de votre situation.
Les taux et seuils cités sont indexés annuellement : la page officielle liée fait foi, et nous les avons vérifiés le 2026-09-20.