Family office et réglementation suisse : le périmètre FINMA/LSFin/LEFin expliqué

Quand un family office devient-il assujetti à la FINMA ? LSFin, LEFin et la distinction entre coordination et gestion d'actifs : le cadre réglementaire expliqué.

Par Ridger

Publié le 10/08/2026

Temps de lecture: 4min (704 words)

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Depuis l'entrée en vigueur de la Loi sur les établissements financiers (LEFin) et de la Loi sur les services financiers (LSFin) le 1er janvier 2020, le cadre réglementaire suisse pour les prestataires financiers a profondément évolué. Pour les family offices, la question clé est la suivante : à quel moment une activité de coordination ou de conseil devient-elle une activité assujettie à la FINMA ?

Le paysage avant 2020

Avant l'entrée en vigueur de la LEFin, la Suisse présentait une particularité notable : les gestionnaires de fortune indépendants (GFI) exerçaient leur activité sans licence prudentielle spécifique, sous réserve du respect des règles anti-blanchiment. Ce régime permissif contrastait avec la plupart des législations européennes.

La LEFin a mis fin à cette situation en instaurant un régime de surveillance prudentielle pour plusieurs catégories de prestataires, dont les gestionnaires de fortune au sens de la loi.

Qui est concerné par la LEFin ?

La LEFin soumet à une autorisation et à une surveillance les entités qui, à titre professionnel :

  • Gèrent des valeurs patrimoniales dans le cadre de mandats de gestion (décisions d'investissement pour compte de tiers)
  • Conseillent des clients en matière de placements de façon professionnelle et régulière

Le critère déterminant est le pouvoir de décision : un gestionnaire qui prend des décisions d'achat et de vente pour le compte de ses clients gère des actifs au sens de la LEFin. Il doit obtenir une autorisation de la FINMA et s'affilier à un organisme de surveillance (OS) — typiquement l'OSFIN ou un autre OS agréé.

La distinction clé : coordination vs gestion d'actifs

Un family office coordinateur — qui observe, rapporte, coordonne les prestataires et produit des analyses, sans prendre de décisions d'investissement pour le compte de ses mandants — n'est pas un gestionnaire de fortune au sens de la LEFin. Il n'exerce pas d'activité assujettie à la FINMA.

Cette distinction est fondamentale et doit être clairement reflétée dans :

  • Le contrat de mandat (qui définit le périmètre d'activité)
  • La communication avec les banques (le family office n'émet pas d'ordres de marché en son nom propre)
  • Les procurations éventuelles (limitées à la consultation, pas à la disposition)

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Ce que dit la LSFin

La LSFin s'applique à quiconque fournit des services financiers — conseil en investissement, gestion de fortune, exécution d'ordres — à des clients en Suisse. Elle impose des obligations d'information, de classification des clients et de documentation des mandats.

Un family office coordinateur qui se limite à la coordination et au reporting ne fournit pas de services financiers au sens de la LSFin. En revanche, s'il formule des recommandations d'investissement spécifiques et personnalisées — «achetez tel titre» — il peut être considéré comme fournisseur de conseil en investissement et tomber dans le champ de la LSFin.

La frontière entre l'information générale et le conseil personnalisé est une question d'analyse factuelle et contextuelle. La prudence s'impose.

Le rôle de l'OSFIN

L'OSFIN (Organisme de Surveillance des Institutions Financières) est l'un des organismes de surveillance agréés par la FINMA pour superviser les gestionnaires de fortune indépendants et les trustees assujettis à la LEFin. Les gestionnaires assujettis doivent s'affilier à un tel organisme, qui effectue des contrôles réguliers de conformité.

Un family office qui n'est pas un gestionnaire de fortune au sens de la LEFin n'est pas tenu de s'affilier à un OS. Cela ne signifie pas pour autant l'absence de toute contrainte : les règles anti-blanchiment (LBA), la protection des données (LPD) et les obligations contractuelles de diligence restent applicables.

Les MFO de coordination : un cadre clair

Les multi family offices positionnés comme coordinateurs purs — dont Ridger — opèrent dans un cadre réglementaire distinct de celui des gestionnaires de fortune. Leur activité est orientée vers :

  • Le reporting et la consolidation patrimoniale
  • La coordination des intervenants (banques, gérants, fiscalistes, avocats)
  • L'accompagnement en gouvernance familiale
  • L'analyse et la supervision des mandats confiés à des gérants tiers

Ce positionnement clair est une garantie pour les mandants : le family office n'a pas de conflits d'intérêt liés à des décisions d'investissement et reste aligné sur leur intérêt exclusif.

Pour toute question sur le cadre réglementaire applicable à votre situation, la consultation d'un juriste spécialisé est recommandée. Ridger peut vous orienter vers les professionnels adaptés.

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