Un multi family office (MFO) est une structure indépendante qui fournit des services de coordination, de reporting et de gouvernance patrimoniale à plusieurs familles fortunées simultanément. Contrairement à un single family office (SFO), créé et financé par une seule famille, le MFO mutualise ses ressources et son expertise entre plusieurs mandants, rendant accessibles des prestations de haute qualité à partir de seuils patrimoniaux plus modestes.
Single family office vs multi family office
Le single family office est la solution historique des grandes dynasties : une équipe dédiée, un budget propre, une gouvernance sur mesure. Il devient pertinent lorsque le patrimoine familial dépasse typiquement 100 à 200 millions de francs suisses, seuil à partir duquel le coût d'une structure interne se justifie économiquement. En dessous, le rapport coût-bénéfice milite en faveur d'une approche mutualisée.
Le multi family office offre la même profondeur de service — reporting consolidé multi-banques, suivi des gérants délégués, conseil en gouvernance, accompagnement successoral — sans les coûts fixes d'une organisation interne. Les familles bénéficient d'une équipe expérimentée, d'outils technologiques éprouvés et d'un réseau de partenaires établis (banques, juristes, fiscalistes, trustees), le tout proportionné à leur situation patrimoniale.
Ce que fait réellement un multi family office
Il est essentiel de distinguer la coordination du conseil en gestion de fortune. Un MFO n'est pas un gestionnaire d'actifs. Il ne prend pas de décisions d'investissement à la place des banques ou des gérants indépendants sélectionnés par la famille. Son rôle est d'organiser, de superviser et de rendre lisible l'ensemble du dispositif patrimonial :
- Reporting consolidé : agréger les positions détenues auprès de plusieurs établissements bancaires et en produire une vue unifiée, valorisée dans la devise de référence choisie par la famille.
- Supervision des mandats : contrôler que les gérants délégués respectent leur mandat, analyser leurs performances ajustées du risque, formuler des recommandations indépendantes.
- Coordination des intervenants : fiscalistes, notaires, avocats, trustees — le MFO orchestre les parties prenantes et assure la cohérence globale.
- Gouvernance familiale : structurer les instances de décision, accompagner la rédaction d'une charte familiale, préparer la transmission aux générations suivantes.
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À qui s'adresse un multi family office ?
Le profil type est une famille dont le patrimoine globalisé se situe entre 5 et 100 millions de francs suisses, avec plusieurs comptes bancaires, des actifs dans différents pays, ou une complexité croissante liée à une entreprise familiale, un héritage ou une retraite anticipée. On distingue généralement quatre signaux qui indiquent qu'un MFO apporte une réelle valeur ajoutée :
- La complexité augmente : plusieurs banques, plusieurs devises, des structures de détention (holdings, fondations, trusts) difficiles à suivre sans outil dédié.
- Le temps manque : les membres de la famille, souvent actifs professionnellement, ne peuvent plus assurer eux-mêmes la supervision de leur patrimoine.
- La gouvernance est absente : les décisions se prennent de manière informelle, sans processus ni documentation, ce qui crée des risques en cas de désaccord ou de transmission.
- La succession approche : la planification successorale exige une coordination précise entre droit civil suisse, fiscalité cantonale et structures internationales.
Le cadre suisse et réglementaire
En Suisse, les family offices ne sont pas soumis à une licence FINMA lorsqu'ils n'exercent pas à titre professionnel des activités de gestion de fortune ou de conseil en placements pour compte de tiers. Dès lors qu'ils franchissent certains seuils ou que leur modèle inclut des décisions d'investissement, ils relèvent de la réglementation applicable aux gestionnaires de fortune au sens de la LEFin (Loi sur les établissements financiers, entrée en vigueur en 2020). Cette distinction est fondamentale : un MFO positionné comme coordinateur et superviseur — et non comme décideur d'investissement — opère dans un cadre différent de celui d'un gestionnaire de fortune au sens strict.
Pourquoi la Suisse ?
La Suisse concentre un écosystème patrimonial unique : solidité institutionnelle, stabilité juridique, réseau bancaire de premier rang, expertise fiscale et discrétion. Genève et Zurich accueillent une proportion significative des family offices européens. La place financière suisse offre également un accès à des gérants de fortune indépendants de qualité, à des trustees reconnus et à des cabinets juridiques spécialisés dans le droit successoral international.
Choisir son multi family office
La sélection d'un MFO mérite autant de rigueur que le choix d'une banque. Les critères essentiels incluent : l'indépendance effective (absence de rétrocessions, de conflits d'intérêts avec des produits maison), la qualité des outils de reporting, l'expérience de l'équipe en gouvernance familiale et la capacité à coordonner des situations patrimoniales multi-juridictionnelles.
Ridger vous accompagne dans cette réflexion. Pour discuter de votre situation en toute confidentialité, nous vous invitons à prendre contact avec notre équipe.